L’upcycling c’est l’illustration parfaite de la célèbre citation d’Antoine-Laurent de Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».
L’upcycling consiste à récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité supérieure et ce dans de nombreux domaines : l’industrie textile, la mode, le design, l’architecture, le mobilier, la décoration, l’art …
Quand on « upcycle », on « upgrade », c’est à dire qu’on donne une nouvelle vie « haut de gamme » au matériau d’origine.
Même si la pratique de l’upcycling est en plein essor ces dernières années, elle reste encore méconnue puisque seul 1 français sur 5 en a déjà entendu parler.
Pour être plus précis : 8 % affirment savoir exactement de quoi il s’agit et 11 % en ont déjà entendu parler mais ne savent pas exactement ce que cela implique (source : YouGov https://fr.yougov.com/politics/articles/31238-quel-avenir-pour-l-upcycling-en-france)
Lorsque l’on sait que :
• l’équivalent d’une benne de vêtements est jeté chaque seconde dans le monde (source : Novethic / Oxfam),
• 4 millions de tonnes de déchets vestimentaires sont jetés chaque année en Europe (source : Novethic / Oxfam),
• chaque année, les français achètent environ 9 kilos de vêtements par personne et en donnent l’équivalent de 3 kilos (source : Novethic / Oxfam),
• la filière de collecte des textiles en France dans les associations, les entreprises de tri et les ressourceries est saturée sous l’effet de la fast fashion,
il est urgent de faire connaître au plus grand nombre ce processus de consommation responsable qu’est l’upcycling et qui permet de valoriser les matières et produits déjà existants au lieu d’en fabriquer de nouveaux.
Alors, qu’est-ce que l’upcycling exactement ? Pourquoi mérite-t-il notre attention ? Et comment peut-il changer notre rapport aux objets et à la consommation ?
1- Définition
L’upcycling, en français « surcyclage » ou « recycler par le haut », c’est créer du neuf avec du vieux, sans transformer ou déconstruire la matière première que l’on utilise, pour lui donner une nouvelle vie de qualité supérieure.
Le produit final ainsi transformé a souvent un usage très différent de celui de sa première vie, avec une valeur ajoutée, exemples : des palettes de manutention usagées transformées en mobilier de jardin, une chemise usagée transformée en tote bag.

A l’inverse, le recyclage implique un processus de traitement chimique ou thermique et donc une dépense d’énergie et/ou d’eau, et un produit recyclé a une qualité moindre ou égale au produit d’origine.
2 – Les origines de l’upcycling
L’upcycling n’est pas une pratique nouvelle. C’est plutôt la renaissance moderne d’un savoir-faire populaire ancien, qui existe probablement depuis la Préhistoire et dans le monde entier.
Même s’ils ne l’appelaient pas ainsi, le principe de réutiliser intelligemment des objets pour leur donner une seconde vie était profondément ancré dans les modes de vie traditionnels des anciens et notamment des classes populaires.
C’était une nécessité économique et culturelle, motivée par la rareté des ressources, le bon sens et pour éviter le gaspillage.
Ainsi, les vieux draps étaient transformés en torchons ou vêtements pour enfants, les pulls usés étaient découpés en chaussettes ou finissaient en doublure de manteaux, les chutes de tissus servaient à faire des couvertures patchwork ou des poupées, les robes de mariée des femmes se transformaient en robes de communion pour leurs filles…
Le terme anglais « upcycling » a été proposé au milieu des années 1990 par Reiner Pilz, un ancien ingénieur reconvertit en architecte d’intérieur. Il a souhaité dépasser le concept générique de recyclage en distinguant le « downcycling » qui fait perdre de la valeur, à « l’upcycling » qui vise à ce que les produits inutilisés gagnent de la valeur au lieu d’en perdre.
Quelques années plus tard, le mot a été repris et popularisé par l’architecte William McDonough et le chimiste Michael Braungart dans leur ouvrage Cradle to Cradle : Remaking the Way We Make Things, paru en 2002.
Mais cette pratique, aussi vertueuse soit-elle, n’est pas exempte de défis. Alors pour mieux comprendre son potentiel et ses limites, penchons nous plus particulièrement sur ses avantages et ses inconvénients.
3 – Les avantages de l’upcycling
• La réduction de l’empreinte écologique
L’upcycling permet de réduire considérablement les déchets en évitant que des objets finissent à la poubelle ou en décharge. En réutilisant ce qui existe déjà, on limite la consommation d’énergie et les émissions de CO₂ liées à la production industrielle. C’est une façon concrète de lutter contre le gaspillage et de préserver notre planète.
• La créativité et l’originalité
Chaque projet d’upcycling, dans n’importe quel domaine que ce soit, est une invitation à la créativité. Le champs des possibles est immense. Les objets upcyclés sont très souvent uniques, voire personnalisés, porteurs d’une histoire et d’un style qui sortent du lot (https://jolaupan.fr/product/gnome-citrouille-noir-et-rose/).
• Un soutien à l’économie circulaire
L’upcycling s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire, où rien ne se perd, tout se transforme. Il favorise la valorisation locale des matériaux, réduit la dépendance aux chaînes de production mondialisées et encourage des modes de consommation plus responsables.
• Un impact social positif
De nombreuses initiatives d’upcycling sont portées par des associations, des ateliers d’insertion ou des artisans et créateurs locaux. En plus de créer de l’emploi, elles permettent de sensibiliser le public à des enjeux sociaux et environnementaux, tout en valorisant des savoir-faire souvent oubliés.
• Durabilité et qualité
Les objets upcyclés, souvent réalisés à la main, sont conçus avec soin et robustesse. Ils peuvent être plus durables que certains produits industriels, fabriqués à la chaîne avec des matériaux bon marché.
4 – Les inconvénients de l’upcycling
• Le temps et la main-d’œuvre
L’upcycling demande du temps, de la patience et de la minutie. Le tri, le nettoyage, la transformation, la confection d’un nouvel objet… tout cela ne s’improvise pas. C’est une démarche manuelle qui ne peut pas rivaliser avec la rapidité de la production industrielle.
• Des compétences techniques requises
Pour réussir un projet d’upcycling, il faut souvent maîtriser des techniques spécifiques : couture, menuiserie, soudure, design… Ce n’est pas toujours accessible à tout le monde, même si des tutoriels et des ateliers peuvent aider à se lancer et à se perfectionner.
• La disponibilité et la qualité des matériaux
Les matériaux récupérés ne sont pas toujours en bon état et on ne peut pas toujours les utiliser entièrement, ni adaptés à tous les usages. Il faut parfois faire preuve d’ingéniosité pour contourner les défauts ou trouver les bonnes pièces, ce qui peut ralentir certains projets.
• Le coût parfois élevé
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’upcycling peut coûter plus cher que l’achat d’un produit neuf. En effet, le travail manuel, la personnalisation et la qualité ont un prix.
Une démarche à encourager malgré ses défis
L’upcycling n’est pas simplement une tendance créative : c’est une réponse concrète et ingénieuse aux défis environnementaux et sociaux de notre époque. En valorisant les matériaux existants, cette pratique encourage une consommation plus responsable, stimule l’économie circulaire et redonne du sens à nos objets du quotidien.
Certes, le surcyclage demande du temps, des compétences et parfois un coût plus élevé, mais il offre en retour des créations uniques, durables et porteuses de valeurs. C’est une démarche qui allie écologie, esthétique et solidarité.
Dans un monde saturé par la surconsommation, l’upcycling nous invite à ralentir, à réfléchir et à transformer. Il ne s’agit pas seulement de recycler, mais de réinventer. Et si cette philosophie devenait le moteur d’un nouveau mode de vie, plus conscient et plus créatif ?
Et vous, avez-vous déjà donné une seconde vie à un vêtement ? Racontez-nous votre plus belle transformation ou partagez vos idées d’upcycling – vos astuces pourraient inspirer d’autres lecteurs à se lancer !
